Détente

Aimer à tout casser – Vie de Guy Gilbert

Sourions

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Savez-vous pourquoi le Paradis c’est vraiment le paradis ?

Parce qu’au Paradis, vous êtes accueilli par un Anglais, c’est un Français qui fait la nourriture, c’est un Italien qui met de l’ambiance et c’est un Allemand qui coordonne le tout.

Maintenant, savez-vous pourquoi l’Enfer c’est horrible ?

Parce qu’en Enfer, vous êtes accueilli par un Français, c’est un Anglais qui fait la nourriture, c’est un Allemand qui met de l’ambiance et c’est un Italien qui coordonne le tout.

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La maman dit :

– Tiens, Simon, voilà deux pièces de 2 euros. Il y en a une pour toi, si tu désires t’acheter quelque chose, des bonbons ou des billes, et l’autre c’est pour mettre à la quête dimanche, pour le Seigneur ! T’as bien compris ? Allez, au revoir, mon chéri ! Surtout, ne les perds pas, fais attention ! Allez, viens me faire un bisou !

Et le petit Simon s’en va, chantant, sautillant, joyeusement à la messe, heureux de retrouver ses copains, jonglant dans sa joie, avec ses deux pièces de 2 euros, quand soudain… un malheur arrive ! Une des deux pièces de 2 euros tombe sur le sol, roule sur sa tranche et file directement dans une bouche d’égout…

Sans se démonter, le petit Simon dit :

– «Mince, c’est la pièce du Seigneur que je viens de perdre !»

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Trois amis prêtres pas très honnêtes ayant respectivement une 2 CV, une Clio, et une Porsche se retrouvent et discutent sur le partage de la quête.

Le premier prêtre dit : « Moi pour le partage de la quête, je prends un bol que je dispose à 10 mètres de moi, ensuite je lance l’argent. Ce qui tombe dans le bol est pour moi et ce qui tombe à côté est pour Dieu. »

Le deuxième dit à son tour : « Moi je trace un trait sur le sol puis je lance l’argent de la quête, ce qui tombe de mon côté est pour moi et ce qui tombe de l’autre côté est pour Dieu. »

Le troisième explique à son tour: « Moi je lance l’argent vers le ciel. Ce que Dieu veut prendre il l’attrape, et ce qui retombe est pour moi. »

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Monsieur le Curé commence ainsi son sermon : « Mes bien chers frères, je vous avais annoncé dimanche dernier que je prêcherais aujourd’hui sur ce grave péché qu’est le mensonge. Et en guise de préparation, je vous avais suggéré de lire le chapitre dix-septième de l’évangile selon saint Marc. Que ceux qui l’ont lu veuillent bien lever la main ».

Et presque tout le monde dans la nef lève le doigt. Voyant cela du haut de la chaire, Monsieur le Curé poursuit : « Vous voyez, mes bien chers frères, que je fais bien de vous parler du mensonge, car l’évangile selon saint Marc ne comporte que seize chapitres… » !

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Le Curé demande : «Combien y a-t-il de sacrements ?»

– Il n’y en a plus ! dit un enfant du caté.

– Comment ça, il n’y en a plus ?

– Oui, ma grand-mère a reçu les derniers sacrements hier !

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Musique « d’église » et musique profane

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Troisième partie

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Dans nos deux précédents échanges, je me suis efforcé de voir ce qui pouvait caractériser une musique liturgique, une musique sacrée, une musique profane, et j’ai bien vu, tout au long des exemples que j’ai choisis pour cela, combien la question était vaste.

Je me propose donc aujourd’hui de poursuivre cette réflexion en m’arrêtant un peu plus sur le lien entre texte et musique, dans le cadre principalement, de la musique liturgique et je m’efforcerai, à la fin, d’élargir à la musique en général, quelle qu’elle soit, liturgique, «sacrée», ou profane, les idées que nous pourrons en tirer.

Je reprends pour cela l’exemple que j’avais déjà évoqué, qui est celui du Kyrie de la messe. Le texte en est simple et clair : «Seigneur, prends pitié !». C’est une supplication, une attitude recueillie ; celle de celui qui est conscient des fautes qu’il a pu accomplir et qui demande au Seigneur de les lui pardonner.

Si nous voulons illustrer cette attitude par une musique qui va accompagner et soutenir ce texte, elle devra contenir ces deux dimensions d’humilité et de demande. Ce sera donc généralement une musique plutôt lente, utilisant majoritairement des accords mineurs et faisant appel à des instruments d’orchestre (ou des jeux d’orgue) plutôt «sombres».

Mais, qu’entend-on par «sombre», et plus généralement en donnant une couleur à une musique, ce qui paraît a priori relever de deux sens opposés : l’audition et la vue ? En fait, et pour être simple, c’est nous qui, en écoutant une musique, quelle qu’elle soit, associons souvent spontanément ces deux sensations.

Ainsi, des sons graves, longs, lents, entrecoupés de silences, apportent tout naturellement à l’auditeur une impression de tristesse, mais aussi d’intériorisation, de coupure avec le monde extérieur et donc avec sa lumière. C’est un peu ce que nous pouvons rechercher dans le Kyrie : cette humilité devant le Seigneur, cette volonté de nous éloigner des fautes que nous avons pu commettre.

Ces éléments se retrouvent, si l’on se réfère au système tonal qui a porté toute la musique occidentale pendant des siècles, dans la différence entre accords majeurs (Do - Mi - Sol par exemple) et mineurs (Do - Mi bémol - Sol dans le même exemple), où la note médiane apporte cette différence. En restant schématique, l’accord majeur sera utilisé le plus souvent pour caractériser la joie, le bonheur, l’espérance, la Lumière, et l’accord mineur leurs opposés : la tristesse, l’humilité, la nuit.

Pour prendre un exemple extérieur au monde de la musique religieuse, je propose de rejoindre un grand compositeur : Mozart (1756-1791). Dans le mouvement lent de sa célèbre Petite Musique de Nuit, les instruments jouent plutôt des notes de hauteur moyenne ou grave, les rythmes sont plutôt lents, et cela développe naturellement chez l’auditeur un sentiment de calme, de paix. À l’opposé, et toujours chez le même Mozart, les airs de la Reine de la Nuit, dans son opéra La Flûte Enchantée, qui utilisent l’extrême aigu de la voix et des rythmes rapides et brutaux, créent chez l’auditeur un sentiment d’acidité, de violence, une véritable agression.

Si nous en revenons donc à notre Kyrie, nous retrouvons ce choix que la majorité des compositeurs ont fait, d’illustrer ce texte par les supports musicaux lents, larges et profonds que j’ai essayé d’expliciter un peu «techniquement».

À l’opposé, si nous nous tournons vers le texte du Sanctus, qui célèbre la grandeur de Dieu, sa pureté, son règne sur le monde, la musique qui va être utilisée pour illustrer ce texte va devoir incorporer ces dimensions. Elle fera donc appel le plus souvent à des accords majeurs, forcément synonymes de lumière, à des rythmes joyeux, brillants. Si c’est un orchestre qui porte le texte chanté, on y trouvera très souvent des cuivres (trompettes, cors, trombones, tubas). Les phrases musicales seront souvent ascendantes, du médium vers l’aigu, pour illustrer cette montée vers le ciel, vers le Seigneur, créateur et maître du monde.

À travers ces exemples, forcément bien trop brefs, et où j’ai volontairement un peu accusé les traits, je pense qu’on voit bien que toute musique que l’on écoute, qu’elle soit profane ou sacrée, développe chez l’auditeur des sentiments complexes, mais que ceux-ci ont quand même presque toujours une ligne directrice majeure, que nous avons essayé de caractériser à travers ces deux exemples du Kyrie et du Sanctus.

Mais, bien sûr, rien de tout cela n’est absolu et deux auditeurs de la même musique peuvent y ressentir des impressions différentes, voire opposées, car chacun de nous reçoit aussi la musique, quelle qu’elle soit, à travers le filtre de sa culture personnelle, de son vécu intérieur.

Comme le dit bien mieux que moi la compositrice Betsy Jolas: «La musique, par sa capacité de communication, est effectivement un langage, mais qui ne parle pas en mots». Et elle cite à son tour Boris de Schœlzer, qui écrivait en 1947 dans son Introduction à Jean-Sébastien Bach : «La musique n’a pas de sens, elle est un sens».

Betsy Jolas nous dit aussi : «Sans doute avez-vous déjà entendu de doctes présentateurs vous expliquer, à la radio ou ailleurs, que, par exemple, telle œuvre de Mozart traduisait sa tristesse à la mort de sa mère, ou telle autre de Schumann la joie de son amour comblé pour Clara. Alors, moi, je vous dis : attention ! La musique n’exprime rien d’aussi précis ; le lui faire dire malgré tout, revient le plus souvent à mal l’écouter. S’il est vrai que le compositeur, tout comme d’autres créateurs, nous parle de ce monde et de lui-même dans ce monde, il le fait cependant d’une autre manière, sans jamais vraiment définir les choses aussi précisément. Aussi, la tristesse ou la joie que lui-même aura réellement ressenties deviendront à travers sa musique celle de l’ensemble de ses auditeurs, chacun rattachant alors librement ces sentiments à son propre vécu. Je ne chercherai pas ici à dévoiler le mystère de cette transmission, qui continue de susciter de nombreuses interrogations. Ce qui me paraît certain, en revanche, c’est que la musique elle-même vous en dira toujours plus que tout ce qu’on pourra vous en dire en paroles, à condition toutefois de prendre le temps, non seulement de l’entendre ; mais de l’écouter».

Alors, si l’on veut aller plus loin et poursuivre cette réflexion, que l’on soit musicien (chanteur ou instrumentiste) ou simple auditeur, je crois qu’il convient donc avant tout, comme le conseille si judicieusement cette compositrice, que j’ai eu l’honneur et le bonheur de rencontrer plusieurs fois, d’écouter beaucoup de musique, ce qui est très facile maintenant grâce à internet, où l’on peut accéder gratuitement à absolument toutes les musiques, de toutes époques, de toutes cultures, et de ressentir à leur écoute tous ces sentiments que nous avons essayé de détailler dans les réflexions que j’ai souhaité partager avec vous.

Bonne écoute !....

L’oreille aux aguets